La 5G : quelles avancées technologiques ? Quelles craintes ?

Date : 17/09/2020 - Catégorie : Loisirs

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La 5G : quelles avancées technologiques ? Quelles craintes ?

Le déploiement de la 5G fait débat en France avec d'un côté, ceux qui souhaiteraient un moratoire destiné à laisser les études sur son impact sanitaire et environnemental s'achever, et de l'autre, ceux qui, comme le président de la République qui a traité les opposants "d'amish" réfractaires, y voient une innovation technique et stratégique indispensable pour la compétitivité du pays à l'échelle mondiale.

Qu'est-ce que la 5G ?

Nos téléphones mobiles ont longtemps fonctionné avec la technologie 3G, puis la 4G aujourd'hui, et voici que le 5ème génération de technologie mobile, dite 5G, veut s'imposer arguant du fait qu'elle permettrait des échanges de données beaucoup plus rapides et des débits décuplés. Pour ce faire, la 5G doit utiliser deux nouvelles bandes de fréquences en plus de celles servant actuellement pour la 4G.

Très concrètement, cela permettra une meilleure stabilité des appels et une définition optimisée des vidéos, ce qui ravira les internautes utilisant beaucoup d'images, d'applications et de jeux. Outre le "plus" dans l'usage domestique, les géants du numérique (GAFAM) affichent aussi leur intérêt puisque la 5G va faciliter le recours aux objets connectés (télémédecine, voiture autonome, etc.) qui leur permettent, entre autres, d'accaparer les données personnelles de chacun d'entre nous.

Ces avancées technologiques peuvent certes être mises en avant, mais n'oublions pas qu'elles risquent d'aggraver la fracture numérique puisqu'en 2020, tout le territoire français n'est pas encore éligible à la 4G et des zones blanches existent encore.

Les craintes sur l'impact sanitaire de la 5G

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a engagé des travaux et études destinés à mesurer les potentiels effets biologiques et sanitaires des nouvelles fréquences nécessaires à la 5G sur le corps humain, mais elle pâtit, à ce jour, d'une absence de données scientifiques. Les opposants à la 5G demandent au gouvernement d'attendre les conclusions de l'Anses prévues en mars 2021, avant de lancer le déploiement de la technologie.

L'exposition des populations aux ondes va s'accroitre mais il semble que la 5G utilise des fréquences hautes pénétrant moins les tissus. Aujourd'hui, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne dispose pas d'étude scientifique prouvant l'effet néfaste des ondes sur la santé.

Les impacts environnementaux de la 5G

La 5G qui fournira des débits dix fois supérieurs à la 4G sur les smartphones va nécessiter l'installation de davantage d'antennes, de nouveaux serveurs et le renouvellement rapide du parc de smartphones qui ne seront plus compatibles avec la technologie 5G. La consommation d'électricité va inévitablement augmenter non pas par le service lui-même mais par l'explosion des données sollicitant bien davantage les serveurs et antennes.

Les renouvellements de téléphone vont être accélérés puisque les gens vont vouloir avoir un smartphone 5G, et le rythme va être supérieur à ce qu'il est normalement (le taux de remplacement est de 20 mois), ce qui va entrainer un accroissement des déchets non recyclables ou partiellement recyclables, ainsi qu'une exploitation débridée des gisements de métaux rares servant à la fabrication des batteries et autres composants électroniques, qui implique une délocalisation de la pollution en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie du Sud-Est où sont les gisements.

En septembre 2020, une mission d'évalutation des risques sanitaires doit être confiée à l’Agence de la transition écologique (Ademe) et à l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep).

Un problème démocratique soulevé

La Convention citoyenne pour le climat composée de 150 citoyens tirés au sort avait pour mission de "définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici 2030 par rapport à 1990". Elle a travaillé d'octobre 2019 à juin 2020 et a rendu un rapport de plus de 450 pages énonçant 149 propositions. Sur l'ensemble, le Président de la République a décidé d’en retenir 146 qu'il s'est engagé à soumettre soit au Gouvernement, soit au Parlement, soit directement au peuple français.

L'une des 146 propositions concernait le numérique et visait à "Instaurer un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat". Le Président ignore donc l'exercice de démocratie participative qu'il avait lui-même souhaité et ne respecte pas son engagement.

La 5G demain ?

Les opérateurs de téléphonie sont peu bavards sur le sujet, ils craignent que cette polémique ait un effet néfaste sur leurs offres 5G, d'un point de vue marketing et commercial. En outre, les antennes de l'équipementier chinois Huawei font craindre des risques d’espionnage par des entreprises étrangères pèsent, ce qui a conduit certains opérateurs à renoncer à leur utilisation ; ils attendent malgré tout discrètement la mise aux enchères et l'attribution des fréquences 5G fin septembre 2020 pour une commercialisation avant le début de 2021.

Le revirement et la posture d'Emmanuel Macron semblent s'inscrire dans une stratégie politique électorale contre la gauche écologiste renforcée depuis ses succès municipaux, dont il craint peut-être qu'elle lui fasse de l'ombre lors de la présidentielle de 2022 qui se rapproche…

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